En 1960, parallèlement à des expériences avec la lumière et des mobiles, je fis une série de dessins de reliefs. A la même époque, je réalisai quelques-uns de ces reliefs.
Parfois les gouaches en blanc, noir et gris que j'avais faites l'année précédente me servaient de référence. Je reprenais le principe des progressions, mais appliqué cette fois a des variations de niveaux (page 64 en haut et page 66 en haut 3 gauche) ou bien à un même élément (plan incliné) avec quatre positions distribuées alternativement sur la surface. Dans d'autres cas (page 66 en haut 3 droite), la somme des éléments qui variaient progressivement créait une surface modulée. Ces reliefs furent d'abord réalisés en carton et en bois. La lumière jouait librement sur eux et éclairait différemment selon les niveaux ou les angles. Puis je fis d'autres expériences avec de nombreuses petites plaques métalliques distribuées régulièrement, perpendiculaires à un fond blanc. Dans cette expérience, le jeu de la lumière, de l'ombre et des reflets était primordial, c'était une espèce de piége de lumière. Les éléments réels (les plaques métalliques) perdaient leur présence et leur réalité pour se confondre avec les formes produites par les reflets, les ombres et les variations engagées par les déplacements du point de vue. Avec ces reliefs j'expérimentais l'implication d'éléments variables extérieurs a l'objet, tels que les incidences de la lumière ou la multiplication des points de vue rendue possible par le déplacement du spectateur.